Notre philosophie

Si nous devions définir en quelques idées les éléments qui nous guident lors de la conception de nos modèles, nous citerions sans hésitation les suivants :

  • esprit créatif et sensibilité
  • précision et évolution
  • finition et esthétisme
  • plaisir des formes ergonomiques
  • fluidité et originalité unique
  • contact d'un grain fin adapté
  • préhensions douces
  • variété des modèles

D'une masse informe de terre, à laquelle je mêle mon esprit créatif et ma sensibilité, y ajoutant une pincée de précision pour une vision de l'escalade en constante évolution, émerge une première ébauche moins informe dans la masse de départ. Du travail de mes mains, guidé par le souci des finitions et de l'esthétisme, je m'efforce de dégrossir encore la masse, pensant au plaisir du grimpeur qui posera la main sur les formes ergonomiques que je souhaite créer. Mes outils posés en désordre sur la table, j'en saisis un, puis un autre, je modèle, affine, ponce, rêvant d'une fluidité et d'une originalité unique, d'un contact de grain fin adapté à la pratique de l'escalade en salle. Et comme le monde nous offre cette multitude de rochers, de touchés, de formes, j'essaie de reproduire cette variété de préhensions douces. Enfin, je me mets à étaler devant moi les objets créés, et vois mon atelier peuplé des prises sur lesquelles j'ai travaillé dans le but de vous offrir la plus grande variété de modèles possibles.

Depuis 1990, je modèle des prises d'escalade. De la création à la production, j'en assume tous les aspects, toutes les différentes étapes. Travaillant dans l'atelier qui fut celui de mon grand-père, sculpteur, j'ai l'immense chance d'être entouré de son héritage créatif. Je continue, par choix, à travailler de la même manière qu'aux premiers jours car j'aime à considérer l'escalade et tout ce qui tourne autour, des lieux où elle est pratiquée aux personnes que l'on peut y rencontrer, en passant par le matériel nécessaire en extérieur ou en salle, comme étant un « business artisanal » Il est en effet très important pour moi de pouvoir garder le contrôle, à chaque étape de vie de la prise d'escalade, avant la livraison de celle-ci.



Mon expérience de l'escalade évolue, je découvre sans cesse de nouveaux lieux, combinaison très subjective d'éléments dont je m'inspire pour la création et qui me permettent de garder un style bien particulier. Mes maîtres-mots seront la sensualité et la précision que je pourrai faire émerger de chacun de mes modèles. Au delà de ces éléments personnels guidant l'évolution de mon métier, j'aime également à tester de nouveaux matériaux, à me tenir informé des découvertes faites en ce qui concerne les outils que j'utilise. En un mot, j'aime à faire évoluer les formes comme les textures, afin de rendre mes prises attractives de tous les points de vue desquels elles pourront être considérées.

Il m'est cher de continuer à travailler manuellement, sculptant chaque prise « du bout des doigts ». Ce contact permanent avec les objets que je crée me permet d'apporter toute l'attention que je juge essentielle au touché de la main sur la prise, à chaque préhension que je désire adaptée aux phalanges des doigts. C'est en ce sens de confort, d'harmonie et d'efficacité que je conçois l'idée d'ergonomie, essentiellement dans le cas d'une utilisation intensive de mes prises d'escalade, de la grimpe en salle.

Etant gérant de la salle d'escalade Roc'house, je peux tester les prises que je crée avant de les vendre et recueillir les impressions des grimpeurs de ma salle, en ce qui concerne la forme ou le grain, la préhension ainsi que la pertinence d'un modèle particulier au sein de la gamme Agripp. Ce laboratoire in situ représente une réelle garantie pour moi, du fait de voir les grimpeurs progresser sur les prises que j'ai créées, d'écouter leurs commentaires, de retourner en atelier afin d'améliorer encore mes collections. Mais du fait également de voir mes prises dans leur durée de vie, du point de vue de leurs composants.


Historique, éthique et état d'esprit


Philippe Ceulemans, né en 1969, originaire de Bruxelles et grimpeur depuis 1985. Je suis passionné d'escalade et de montagne, dans tous les aspects que ces deux mots peuvent comporter et aime à voyager dans le monde pour ce sport, même si l'escalade s'apparente pour moi à bien plus qu'un sport. Une éthique, un état d'esprit, une pratique présente dans chaque aspect de ma vie. Sculpteur de prises d'escalade, concepteur de structure artificielle d'escalade, grimpeur, bloqueur, alpiniste, photographe amateur, je suis également gérant de la salle d'escalade Roc'House.

Mes motivations : « Découvrir et grimper les grandes voies mythiques autour du monde, partager des moments avec des amis en pleine nature, immortaliser l'instant de lumière ou d'action extrême »

L'escalade, la montagne : « Dès le début de ma vie, je me suis senti attiré par le monde de la grimpe. J'étais fasciné par cette grandeur, cette inaccessibilité. La montagne m'a beaucoup apporté de satisfaction émotionnelle et m'a permis de me confronter réellement à moi-même, à mes peurs, à mes doutes, à mes réflexions. D'expérience en expérience, toujours plus haut et plus vertical, je me sentais encore plus vivant, plus autonome, plus affranchi. En tant que grimpeur, je me suis plusieurs fois remis en cause et j'ai toujours obéi aux émotions, à la vision d'une évolution intérieure. »


L'éthique de l'escalade
 : « L'éthique de l'escalade me semble parfois plus importante que l’escalade elle-même. Il s'agit essentiellement de se placer toujours dans une démarche respectueuse de la nature, des paysages, de la faune et de la flore rencontrées au cours d'une voie d'escalade. Il s'agit de nous considérer comme humble par rapport à cette nature qu'il nous est donné de voir d'un autre point de vue, d'un autre œil, cette nature qui se laisse approcher en des lieux où nous n'irions pas sans l'escalade. Il s'agit enfin de nous considérer comme faisant partie de cette nature, et non le contraire. Des valeurs comme le respect, l'humilité, le dépassement de soi et de ses propres limites me paraissent dès lors essentielles dans la pratique de cette discipline qui est bien plus qu'un simple sport. Défier la nature, enfin, m' a appris à prendre seul mes décisions ainsi qu'à évaluer personnellement mes choix face aux dangers. »

La performance : « Il me semble important de se libérer d'un système de cotation en difficulté. Selon moi, guidé uniquement par un objectif de cotation, le grimpeur s'expose à une pression qui devient inévitable et qui se répercute sur le style ainsi que sur les choix des voies, tout autant que sur les objectifs que le grimpeur se fixera. La difficulté est une idée relative, tant la diversité des voies est grande, mais pourtant ce mot seul conditionne le grimpeur dans une position pouvant être compétitive dès qu'une voie est qualifiée de « difficile ». Je souhaite me détacher de cela.

Peu importe le but à atteindre dans l'instant, faire du bloc avec des amis ou une longue voie en falaise, ce qui compte le plus pour moi, ce sont les relations humaines et le contact avec le milieu naturel. »

La peur : « En ce qui concerne la peur, elle est pour moi un sentiment très contradictoire... C'est une émotion forte, qui sert à la fois à encourager et à stimuler l'action du moment. Mais la peur, c'est également ce qui gronde dans le courage, c'est ce qui pousse le courage au-delà du but... »

« Le courage est le complément de la peur. Un homme qui est sans peur ne peut être courageux » (Robert Anson Heinlein) »


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